Crimée, février 1942 : la tête de pont de Kertch
Le général commande le , né de la tête de pont conquise fin décembre 1941 lors du débarquement de Kertch et Feodossia. En quelques semaines, il a fait passer dans la péninsule trois armées entières, la 44e, la 47e et la 51e, acheminées à travers le détroit de Kertch puis sur la glace une fois le bras de mer pris par le gel.
À l'ouest, l'étroit isthme de Parpatch barre la route vers l'intérieur de la Crimée : un goulet de quelques kilomètres, sans flanc à déborder, que la d' tient sur des positions retranchées. Plus loin, Sébastopol résiste toujours mais s'épuise, et la Stavka presse Kozlov d'agir pour desserrer l'étau qui pèse sur la forteresse. Le dégel précoce, lui, gorge la plaine d'eau et de boue, immobilise les colonnes et noie les pistes sous une fange qui colle aux roues.
Kozlov doit décider de l'emploi de ses forces : lancer aussitôt l'offensive vers l'ouest, à travers Parpatch, pour percer en direction de Sébastopol malgré la boue qui paralyse l'appui ; consolider d'abord la tête de pont et attendre des renforts et un terrain praticable ; ou passer à la défensive, en supposant que Manstein frappera le premier dès que ses moyens le permettront.
Péninsule de Kertch, février 1942, commandant le front de Crimée : que doit faire Kozlov de sa tête de pont pour secourir Sébastopol ?
Kozlov reprend l'offensive le 27 février 1942 et la relance plusieurs fois jusqu'au 13 avril, à travers le goulet de Parpatch. Chaque assaut bute sur les positions de la et s'enlise dans la boue : les gains sont dérisoires, les pertes énormes. De février à avril, le perd environ 230 000 hommes pour quelques kilomètres. Puis, le 8 mai, Manstein passe à l'offensive avec l'opération Trappenjagd : en une dizaine de jours, il écrase le , prend Kertch et capture près de 170 000 soldats soviétiques. Kozlov, tenu pour responsable du désastre, est rétrogradé. Sébastopol, désormais isolée, tombe le 4 juillet 1942.
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T10-089