Corvettes canadiennes : tenir le convoi
Un commandant de corvette d'escorte de la () appareille de Saint-Jean de pour accompagner un convoi marchand sur la route de l'Islande. Sa flotte, presque inexistante en 1939, s'est gonflée en deux ans d'une masse de petits navires construits à la hâte ; lui-même commande une corvette de classe Flower, robuste mais minuscule, qui roule abominablement dans la houle de l'Atlantique Nord.
Les faiblesses sont connues à bord. Beaucoup de corvettes canadiennes n'ont pas encore reçu de radar moderne, leur ASDIC est d'un modèle dépassé, et l'équipage, souvent composé de marins formés en quelques semaines, manque d'entraînement collectif. La escorte alors la majorité des convois lents de la série SC entre et l'Islande, les plus exposés, tandis que les pertes infligées par les meutes de U-boots s'aggravent en cet hiver 1942. Dans la nuit, le veilleur signale un contact : un sous-marin rôde aux abords du convoi.
Le commandant doit décider sur l'instant : rester groupé autour des cargos pour assurer une défense rapprochée serrée ; lancer aussitôt une chasse offensive à l'ASDIC vers le contact, au risque de dégarnir le convoi ; ou, faute de carburant et de moyens, se borner à l'escorte minimale en gardant ses réserves pour la longue traversée.
Atlantique Nord, février 1942, un commandant de corvette canadienne : comment protéger un convoi HX avec des moyens insuffisants ?
Faute de groupes d'escorte assez nombreux et bien équipés, les corvettes canadiennes s'en tiennent le plus souvent à la défense rapprochée du convoi, leur priorité absolue. Partie de quelques navires en 1939, la escorte en 1942 une large part des convois transatlantiques et finit la guerre comme l'une des principales forces d'escorte du monde. Le prix est lourd : corvettes surchargées et sous-équipées, équipages épuisés, et des convois sous garde canadienne qui subissent en 1942 une part très élevée des pertes alliées de tonnage dans l'Atlantique. Mal pourvues en radar et reléguées en queue de file pour les équipements modernes, ces escortes paient en hommes et en navires un apprentissage accéléré. Le rôle du Canada n'en devient pas moins décisif dans la bataille de l'Atlantique, dont l'issue conditionne le ravitaillement du Royaume-Uni et la préparation du débarquement.
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T10-111