L'incident de la Nouvelle 4e Armée
En Chine, le front uni entre les nationalistes de (Guomindang) et les communistes de , conclu pour combattre l'envahisseur japonais, n'a jamais cessé d'être une alliance de méfiance. Les succès de la guérilla communiste — comme l'offensive des Cent Régiments de 1940 — ont inquiété Tchang autant que les Japonais : ils révélaient la croissance d'un rival appelé à compter après la guerre.
Début janvier 1941, la friction tourne au drame dans le sud de l'Anhui. La communiste, sommée par le Guomindang de se redéployer au nord du Yangzi, déplace son quartier général ; mais ses colonnes sont encerclées par des troupes nationalistes très supérieures en nombre.
La direction communiste, autour de Mao, doit décider de la riposte à cette attaque d'un « allié » : ordonner aux unités encerclées de se battre pour percer, au risque de l'anéantissement et de la rupture ouverte du front uni ; chercher un compromis pour sauver les hommes et préserver la façade de l'alliance antijaponaise ; ou exploiter politiquement l'agression pour discréditer Tchang aux yeux du pays et de l'opinion internationale.
Comment la direction communiste doit-elle réagir à l'encerclement de la Nouvelle 4e Armée ?
L'affaire échappe au choix : encerclées, les forces de la sont écrasées en plusieurs jours (4-13 janvier 1941) — des milliers de tués, son commandant capturé, son commissaire tué. Mao privilégie alors C : il dénonce avec éclat la « traîtrise » du Guomindang, reconstitue aussitôt la sous un nouveau commandement, et tire de ce désastre militaire un grand bénéfice politique, présentant les communistes comme les vrais patriotes attaqués dans le dos. L'incident de l'Anhui méridional marque la fin de toute coopération réelle entre les deux camps : le front uni n'est plus qu'une fiction, et la guerre civile chinoise, suspendue par l'invasion japonaise, couve désormais ouvertement jusqu'à sa reprise en 1946.









