Joukov prend le commandement
Sur la Khalkhin Gol, les premiers accrochages de mai ont enflé. L' y engage des forces croissantes et tient le terrain à l'est de la rivière. Moscou, qui ne veut ni perdre la face devant son allié mongol ni laisser le Japon dicter la frontière, décide d'envoyer un homme de poigne.
Début juin 1939, le général est dépêché sur place pour prendre en main les forces soviéto-mongoles. Il découvre une situation dégradée : commandement défaillant, troupes mal coordonnées, supériorité locale japonaise par endroits.
Joukov doit choisir une posture. Se contenter de tenir la rive ouest et de contenir les Japonais, au risque de laisser pourrir un conflit lointain et coûteux ? Mener une riposte rapide et limitée pour repousser l'adversaire sans s'engager davantage ? Ou préparer méthodiquement, dans le secret, une grande offensive interarmes — chars, artillerie, aviation — capable d'anéantir le dispositif japonais et de régler la question par une victoire décisive ? Le choix dépend des moyens qu'il pourra faire acheminer à des milliers de kilomètres de tout.
Joukov doit-il se borner à contenir les Japonais, ou préparer une offensive interarmes décisive ?
Joukov choisit C : il réorganise le commandement, fait acheminer par la route, sur des centaines de kilomètres, des masses de chars, d'artillerie et de munitions, et prépare méthodiquement une offensive d'encerclement, en multipliant les leurres pour tromper les Japonais sur ses intentions. Cette montée en puissance patiente, conjuguée à une doctrine interarmes audacieuse, prépare la contre-offensive d'août qui écrasera la . Khalkhin Gol révèle le talent de Joukov et inflige au Japon une leçon stratégique majeure, qui pèsera dans son choix ultérieur d'éviter une guerre contre l'URSS. Le secret entourant cette préparation contribuera à l'effet de surprise déterminant de l'offensive lancée quelques semaines plus tard.









