Reynaud à Londres — 26 mai
, 62 ans, Président du Conseil français depuis le 21 mars 1940, vole à Londres le 26 mai 1940 rencontrer . La France craque : après la percée de Sedan (13 mai), l'atteinte de la Manche à Abbeville (20 mai), le limogeage de Gamelin (19 mai), et l'encerclement de la 1re armée française avec le BEF dans la poche de Flandres, le pays est militairement à genoux.
, vice-Premier ministre nommé par Reynaud le 18 mai pour rallier la droite militaire, parle déjà publiquement d'armistice. , nouveau commandant en chef, considère la défaite militaire inévitable et préconisera l'armistice dès le 25 mai en Conseil. Reynaud, lui, veut continuer le combat mais sait qu'il ne tiendra pas politiquement seul contre Pétain et Weygand.
Reynaud apporte à Londres un message politique inquiet : la France ne pourra peut-être pas continuer seule si Mussolini entre en guerre. La question d'une médiation italienne, portée par Bastianini et discutée par Halifax, est ouvertement débattue à Londres depuis 24 heures.
Déjeuner à Admiralty House avec Churchill, Halifax et Chamberlain. Reynaud expose les difficultés françaises. Question implicite : faut-il, et jusqu'où, pousser Londres à examiner cette piste ?
Reynaud doit-il pousser explicitement pour la médiation italienne ?
Reynaud évoque la médiation devant Churchill et Halifax, mais sans réclamer une décision immédiate ni trancher : il reste ambigu et laisse la décision côté britannique. Lui-même demeure hostile à toute médiation. Halifax y voit un soutien à sa ligne, Churchill un signe de panique française. Reynaud rentre à Paris l'après-midi. Cette ambiguïté alimente la crise du War Cabinet pendant 48 heures (26-28 mai). Le résultat : Churchill ne peut pas laisser Halifax dominer — c'est pourquoi il convoque les 25 ministres le 28 mai pour trancher publiquement. Reynaud rentre à Paris convaincu que Londres ne traitera pas. Il continue de diriger jusqu'au 16 juin 1940, démissionne face à l'opposition Pétain-Weygand qui veulent l'armistice. Arrêté en septembre 1940 par Vichy, déporté à Sachsenhausen 1942-1945. Libéré en 1945, il reprend une carrière sous la IVe République, meurt en 1966. Sa visite du 26 mai 1940 reste l'un des points discrets de bascule de la guerre — sans son ambiguïté, Halifax aurait probablement perdu plus vite la confiance de Chamberlain.









