Le roi prisonnier — Londres ou Laeken
Après la capitulation de l'armée belge le 28 mai 1940, le roi , qui a commandé en personne ses troupes, fait face à un choix décisif et déchirant. Son gouvernement, parti en France puis à Londres, le presse de quitter le pays pour continuer la lutte depuis l'étranger, comme le feront d'autres souverains et chefs d'État (la reine Wilhelmine des Pays-Bas, plus tard de Gaulle).
Le roi, lui, se considère comme un soldat lié au sort de son armée et de son peuple. Partir, c'est incarner la résistance et la légitimité belges aux côtés des Alliés ; rester, c'est partager le sort de ses soldats prisonniers et de sa population sous l'occupation, mais aussi se placer sous le contrôle de l'ennemi.
doit trancher. Rester en Belgique comme prisonnier de l'occupant, symbole d'unité avec le peuple. Rejoindre le gouvernement à Londres pour poursuivre la guerre et préserver la légitimité internationale. Ou chercher un rôle d'intermédiaire entre l'occupant et la population. La décision aura des conséquences politiques majeures et durables — la « Question royale ».
Léopold III doit-il rester prisonnier en Belgique, rejoindre le gouvernement à Londres, ou jouer les intermédiaires ?
choisit A : il refuse de suivre son gouvernement et reste en Belgique, retenu au château de Laeken comme prisonnier des Allemands. Le roi estime devoir partager le sort de son armée et de sa population. Le gouvernement Pierlot, réfugié à Londres, désavoue ce choix, ouvrant une fracture durable entre le souverain et ses ministres. La décision, et plus tard la rencontre de Léopold avec Hitler ainsi que son remariage, nourriront la « Question royale » qui divisera profondément le pays jusqu'à l'abdication du roi en 1951. Wilhelmine des Pays-Bas, au contraire, avait choisi l'exil et la continuation de la lutte.









