À la mi-août 1939, la guerre paraît à portée de semaines. Le contre-amiral , qui commande la jeune flotte sous-marine allemande, dispose de moyens limités — quelques dizaines de sous-marins, dont une fraction seulement aptes à opérer loin dans l'Atlantique, faute du grand programme qu'il réclamait.
La question du moment est celle du prépositionnement. Si la guerre éclate, les sous-marins mettront des jours à gagner leurs zones d'opération, à l'ouest des îles Britanniques et sur les routes commerciales. Les y envoyer dès maintenant, en temps de paix, leur permettrait d'être sur zone le jour J ; mais c'est un geste lourd, qui peut être perçu comme une provocation et révéler les intentions allemandes.
Dönitz doit trancher. Appareiller dès la mi-août vers les zones d'attente, au risque d'alerter l'adversaire et d'aggraver la tension ? Maintenir les sous-marins au port jusqu'à la déclaration de guerre, pour ne pas provoquer, quitte à perdre des jours précieux ? Ou n'envoyer qu'une partie de la flotte en couverture discrète ? Le choix déterminera l'efficacité de la guerre sous-marine dès ses premières heures.
Dönitz doit-il envoyer ses sous-marins en position dans l'Atlantique avant même la déclaration de guerre ?
La Kriegsmarine choisit A : à partir de la seconde quinzaine d'août 1939, la majorité des sous-marins disponibles appareillent discrètement vers leurs zones d'attente dans l'Atlantique, rejoints par les cuirassés de poche Graf Spee et Deutschland. Ainsi, lorsque la guerre éclate, les sous-marins sont déjà sur zone : dès le premier jour, l'un d'eux coule le paquebot Athenia, inaugurant tragiquement la bataille de l'Atlantique. Le prépositionnement d'août donne à l'Allemagne une longueur d'avance immédiate dans la guerre au commerce — mais le petit nombre de sous-marins disponibles, conséquence des choix du Plan Z, en limitera la portée. Les cuirassés de poche déployés au même moment menaceront, eux aussi, durablement les routes maritimes alliées.









