Au même moment que le drame de Mers-el-Kébir, une autre escadre française, la de l'amiral Godfroy, se trouve au port d'Alexandrie, en Égypte, au milieu de la flotte britannique de l'amiral Cunningham. Comme ailleurs, les Britanniques veulent s'assurer que ces navires ne tomberont pas aux mains de l'Axe.
Mais la situation diffère de celle d'Oran : les deux escadres se côtoient dans le même port, leurs amiraux se connaissent et s'estiment. Recourir à la force déclencherait un massacre fratricide en eaux confinées. Godfroy et Cunningham doivent trouver une issue.
Les options sont les mêmes qu'à Mers-el-Kébir, mais le contexte invite à la retenue. Négocier une neutralisation pacifique (désarmement des navires français sur place, sans combat). Recourir à la force si aucun accord n'est trouvé, comme à Oran. Ou laisser appareiller la vers un port français, au risque qu'elle rejoigne l'Axe. Quelle voie les deux marins vont-ils suivre ?
Faut-il négocier une neutralisation pacifique à Alexandrie, recourir à la force, ou laisser appareiller la Force X ?
À Alexandrie, c'est C qui l'emporte : Godfroy et Cunningham, par un dialogue patient, parviennent à un accord de neutralisation pacifique. La est désarmée sur place (combustible débarqué, pièces vitales retirées), sans un coup de feu, et ses équipages restent à Alexandrie. Le contraste avec le carnage de Mers-el-Kébir (près de 1 300 morts) est saisissant : il montre qu'une issue négociée était possible et que l'estime entre marins a évité un second drame. Alexandrie reste l'exemple d'une crise désamorcée par le sang-froid, là où Oran fut tranché par la force. Les deux flottes attendront, neutralisées, la suite de la guerre.









