Amsterdam, février 1941 — après la rafle
Aux Pays-Bas occupés depuis mai 1940, l'étau se resserre sur les Juifs : exclusions, recensement, provocations de groupes pro-nazis dans le quartier juif d'Amsterdam, le Jodenbuurt. Des affrontements éclatent ; après la mort d'un membre des bandes nazies lors d'une rixe, l'occupant riposte avec une violence calculée. Les 22 et 23 février 1941, la police allemande rafle 425 hommes et jeunes gens juifs dans le quartier et les déporte vers les camps de Mauthausen et Buchenwald — d'où presque aucun ne reviendra.
La nouvelle bouleverse la ville. Le Parti communiste néerlandais, interdit dès juillet 1940 mais resté organisé dans la clandestinité à Amsterdam, décide de réagir. Ses militants doivent choisir une forme d'action dans un pays sous botte allemande, où toute opposition est sévèrement réprimée.
Trois voies s'offrent à eux : appeler à une grève générale ouverte de protestation, geste sans précédent et lourd de risques ; s'en tenir à une résistance discrète (tracts, sabotages) pour ne pas exposer leurs réseaux ; ou s'abstenir, jugeant l'occupant trop puissant pour qu'un tel défi serve à autre chose qu'à provoquer des représailles.
Comment les militants communistes doivent-ils réagir à la rafle des Juifs d'Amsterdam ?
Les militants choisissent A. Le 25 février 1941, un appel à la grève se répand : les conducteurs de tramway débrayent les premiers, suivis par les services municipaux, les usines, les écoles ; en deux jours, quelque 300 000 personnes cessent le travail à Amsterdam et dans les villes voisines. La grève de février (Februaristaking) est le premier — et le seul — grand mouvement public de protestation contre la persécution des Juifs dans toute l'Europe occupée. L'occupant la brise par la force en deux jours : neuf grévistes tués, des centaines arrêtés, de lourdes amendes collectives. La répression annonce le durcissement à venir ; les Pays-Bas connaîtront l'un des taux de déportation des Juifs les plus élevés d'Europe de l'Ouest. La grève reste commémorée chaque 25 février devant la statue du Dokwerker.









