Rejoindre l'aviation libre
À la débâcle, des pilotes et des équipages belges et français se retrouvent désœuvrés, leurs aviations dispersées ou détruites. Certains, refusant la défaite, songent à gagner l'Angleterre pour continuer le combat dans les rangs de la RAF ou des forces aériennes libres — au moment où, justement, la bataille d'Angleterre va exiger chaque pilote disponible.
Pour vous, pilote, le choix est lourd. Rejoindre l'Angleterre par tous les moyens (avion détourné, bateau, filière via l'Espagne) pour vous engager dans la RAF, au prix de la désertion aux yeux de Vichy et d'un voyage périlleux. Rester au pays ou en Afrique du Nord sous l'autorité de Vichy, par discipline ou prudence. Ou attendre une clarification de la situation avant de vous engager.
S'engager dans l'aviation libre, c'est continuer la guerre dans l'arme la plus décisive du moment, mais c'est rompre avec son pays et sa hiérarchie ; rester, c'est obéir, mais renoncer au combat. La RAF manque cruellement de pilotes pour la bataille qui s'engage. Quel parti allez-vous prendre ?
Notre pilote doit-il rejoindre l'aviation libre en Angleterre, rester sous Vichy, ou attendre ?
Une minorité déterminée choisit B : des pilotes belges, français, ainsi que polonais, tchèques et d'autres nations occupées rejoignent la RAF et participent, dès l'été 1940, à la bataille d'Angleterre, où le manque de pilotes est critique. Les escadrilles étrangères (dont les célèbres unités polonaises) y joueront un rôle notable. Côté belge, des aviateurs intègrent la RAF puis, plus tard, des escadrilles belges ; côté français, ce sont les débuts des Forces aériennes françaises libres. Ces engagements, individuels et risqués (Vichy les considère comme des déserteurs), nourrissent l'effort allié au moment décisif et fondent la légende des pilotes de la France et de la Belgique libres.









