Shell, le 10 mai 1940 : le siège dans la tourmente de l'invasion
Le 10 mai 1940, l'armée allemande envahit les Pays-Bas. Royal Dutch Petroleum et la Bataafsche Petroleum Maatschappij, sociétés mères du groupe Shell, ont leur siège à La Haye. Leurs raffineries — dont l'immense complexe de Pernis, près de Rotterdam — et une part majeure du capital risquent de tomber sous administration allemande.
La direction du groupe doit trancher en quelques heures. Laisser le siège et le contrôle juridique sur place, c'est risquer de voir l'ennemi mettre la main sur l'une des plus grandes compagnies pétrolières du monde et son réseau mondial d'actifs.
Le choix engage le sort de tout le groupe, bien au-delà des installations néerlandaises elles-mêmes.
Le 10 mai 1940, alors que la Wehrmacht franchit la frontière néerlandaise, que décide la direction de Royal Dutch au sujet du siège et du contrôle de la maison mère ?
Le 10 mai 1940, jour même de l'invasion, le siège des sociétés mères néerlandaises (Royal Dutch, Bataafsche et autres entités du groupe) fut officiellement transféré de La Haye vers Curaçao, colonie néerlandaise des Antilles, afin de soustraire le contrôle juridique du groupe à l'occupant. Les raffineries restées aux Pays-Bas, dont Pernis, passèrent de fait sous administration allemande (un Verwalter avait déjà été désigné), mais le centre de décision et le contrôle des actifs mondiaux échappèrent aux nazis. La production néerlandaise fut surtout réduite par les bombardements alliés (1940-41), non par un sabotage interne organisé.









