Moscou, 16 octobre 1941 : le jour de la grande peur
Après la catastrophe de Viazma, la route de Moscou paraît ouverte. Les 15 et 16 octobre, le Comité de défense de l'État ordonne l'évacuation des ministères, des usines, des ambassades et du corps de Lénine. La rumeur dit les Allemands aux portes.
Le 16 octobre, c'est la « grande panique » : cohue à la gare de Kazan, fonctionnaires brûlant leurs dossiers et fuyant en voiture, magasins pillés, ouvriers qui n'ont pas touché leur paie envahissant les ateliers. Beaucoup partent à pied vers l'est ; à d'autres, on ordonne de démonter ou de miner leur usine.
Pour une ouvrière, chaque issue est un pari : fuir dans le chaos, rester et tenir, ou profiter du désordre.
Dans la panique du 16 octobre, cette ouvrière doit-elle fuir vers l'est, rester pour défendre la ville, ou se servir dans les usines abandonnées ?
Le 19 octobre, — resté à Moscou — décréta l'état de siège : l'ordre fut rétabli, les pillards fusillés, la fuite enrayée. Des dizaines de milliers de Moscovites, en majorité des femmes, creusèrent des fossés antichars autour de la ville. Le défilé du 7 novembre sur la place Rouge défia l'ennemi, et la contre-offensive de décembre sauva la capitale. La ville tint parce qu'une masse d'habitants resta et travailla à sa défense.









