À l'été 1940, l'Allemagne est maîtresse du continent, mais le Royaume-Uni refuse de négocier. Hitler doit décider comment contraindre Londres à cesser le combat. Une invasion de l'Angleterre (opération « Seelöwe », Otarie) est envisagée, mais elle suppose de franchir la Manche face à la Royal Navy, la première marine du monde, et à la RAF, qui contrôle le ciel britannique.
Les obstacles sont colossaux : sans maîtrise de la mer ni de l'air, une flotte de péniches de débarquement improvisées serait à la merci de la marine et de l'aviation britanniques. Beaucoup de chefs militaires allemands doutent de la faisabilité d'un tel débarquement.
Le commandement peut lancer la préparation d'Otarie, en exigeant d'abord de la Luftwaffe qu'elle détruise la RAF pour obtenir la supériorité aérienne. Renoncer à l'invasion et chercher à étrangler le Royaume-Uni par le blocus sous-marin et les bombardements. Ou se tourner vers l'Est (l'URSS), en laissant l'Angleterre isolée mais invaincue. Le choix conditionne la suite de la guerre.
Hitler doit-il préparer l'invasion de l'Angleterre, miser sur le blocus et les bombardements, ou se tourner vers l'Est ?
Hitler retient d'abord A : la directive n°16 (16 juillet 1940) ordonne la préparation d'Otarie, conditionnée à la conquête de la supériorité aérienne. S'ensuit la bataille d'Angleterre (été-automne 1940), où la Luftwaffe échoue à briser la RAF. Faute de maîtrise du ciel, l'invasion est sans cesse repoussée puis ajournée ; l'Allemagne glisse vers B (le Blitz, les bombardements de villes) sans résultat décisif. Dès l'automne, Hitler oriente ses plans vers l'Est (C) et l'invasion de l'URSS (Barbarossa, 1941). L'échec à soumettre le Royaume-Uni en 1940 — premier vrai revers du Reich — préserve une base de reconquête à l'Ouest et constitue un tournant majeur de la guerre.









