Washington, mars 1941 : armer sans entrer en guerre
Au début de 1941, la Grande-Bretagne tient seule face à l'Allemagne mais épuise ses réserves d'or et de dollars. Les Neutrality Acts et la règle du « cash and carry » exigent un paiement comptant que Londres ne peut plus assurer.
Roosevelt, réélu pour un troisième mandat, a lancé en décembre 1940 l'idée de l'« arsenal des démocraties ». Une partie du Congrès et de l'opinion reste fermement isolationniste et redoute tout engagement qui rapprocherait les États-Unis de la guerre.
Le président doit choisir la forme de son aide : un dispositif nouveau de prêt de matériel, le maintien du strict comptant, ou le repli sur une neutralité sans aide.
Comment Roosevelt doit-il soutenir matériellement la Grande-Bretagne, à court de devises, sans renier la neutralité américaine ?
Roosevelt fit adopter le Lend-Lease Act, voté par la Chambre (260-165) puis le Sénat (60-31) et signé le 11 mars 1941. La loi l'autorisait à vendre, céder, prêter ou louer du matériel de défense à tout pays jugé vital pour la sécurité américaine, contournant de fait les Neutrality Acts. Elle ouvrit un flot d'aide aux Alliés (Royaume-Uni, puis URSS et Chine) représentant des dizaines de milliards de dollars et fit basculer l'industrie américaine dans l'effort de guerre tout en préservant la non-belligérance officielle.









