Wieluń, 1er septembre 1939 — l'aube avant Westerplatte
À la veille du 1er septembre 1939, les Stuka du attendent sur le terrain de Nieder-Ellguth, à quelques minutes de vol de la frontière polonaise. Wieluń, petite ville de l'autre côté, n'a ni garnison, ni défense antiaérienne : pour seules installations, un hôpital, des moulins, une brasserie et une modeste sucrerie en lisière.
Les reconnaissances du petit matin signalent des unités polonaises à une douzaine de kilomètres au sud-ouest — pas dans la ville. Le commandant aérien doit fixer l'objectif des premières vagues, sachant que la doctrine de la Luftwaffe cherche aussi à éprouver le bombardement en piqué sur une cible réelle.
Frapper la ville sans objectif militaire avéré, viser les troupes repérées hors de l'agglomération, ou différer l'attaque : la décision se prend dans les toutes premières minutes de la guerre.
À l'aube de l'invasion, face à cette petite ville frontalière, quel ordre le commandant aérien allemand donne-t-il à ses Stukas ?
Richthofen lança l'attaque sur la ville elle-même. Dès 4h40 environ — avant même les premiers tirs sur la Westerplatte — les Stuka de déversèrent leurs bombes sur Wieluń, dépourvue de toute défense. En neuf heures, quelque 380 bombes (environ 46 000 kg) détruisirent 70 % de la ville (jusqu'à 90 % au centre), touchèrent l'hôpital marqué de la Croix-Rouge et tuèrent plus de 1 200 civils. Sigel rapporta n'avoir fait « aucune observation notable de l'ennemi ». Les historiens (, ) voient dans le choix de cette cible frontalière indéfendue un essai du bombardement en piqué ; l'attaque, menée sans déclaration de guerre, est tenue pour l'un des premiers crimes de guerre du conflit. Deux tentatives de poursuites en RFA (1978, 1983) furent classées.









