Guderian devant Toula, octobre 1941
Fin octobre 1941, vos blindés ont dévoré les distances depuis Orel, remontant la grande chaussée qui mène à Moscou par le sud. Devant vous se dresse Toula, vieille cité d'armuriers, verrou industriel et noeud routier qui commande tout l'abord méridional de la capitale soviétique. La prendre, c'est ouvrir la dernière porte avant Moscou et menacer les arrières de Joukov. La laisser derrière soi, c'est exposer un long flanc.
Mais l'élan de l'Opération Typhon s'essouffle. La raspoutitsa, ces boues d'automne, a englué les colonnes ; les chars usés manquent de carburant et de pièces, l'infanterie traîne loin en arrière, et les nuits annoncent déjà le gel meurtrier. Face à vous, la ville n'est pas vide : milices ouvrières armées, batteries antiaériennes pointées au ras du sol, unités du NKVD et débris de l'Armée rouge s'y retranchent avec une résolution farouche.
Chaque jour perdu est un jour offert à l'ennemi pour se ressaisir, mais chaque assaut précipité use un capital blindé déjà entamé. Le calcul du tempo contre celui de la prudence pèse de tout son poids sur vos épaules. L'ordre que vous donnerez maintenant scellera le sort de votre aile sud.
Quel ordre donnez-vous devant Toula en cette fin octobre 1941 ?
Le 30 octobre 1941, Guderian ordonna l'assaut frontal immédiat avec les éléments de tête de son XXIVe corps blindé, dont la 3e Panzerdivision. L'attaque fut brisée par la défense improvisée de Toula : régiment ouvrier, batteries de DCA abaissées au tir direct, troupes du NKVD et artillerie antiaérienne soviétique. Faute d'avoir enlevé la ville d'emblée, Guderian dut tenter de la contourner en novembre, sans succès, ses blindés s'épuisant dans le froid et la boue. Toula tint tout l'hiver, protégea le flanc sud de Moscou et devint un point d'ancrage de la contre-offensive soviétique de décembre 1941. La ville reçut plus tard le titre de Ville-héros.









