Fonder les Forces belges libres
Après la capitulation, quelques milliers de militaires et de volontaires belges ont gagné la Grande-Bretagne, par la France, l'Espagne ou la mer. Là, dans des camps (notamment au pays de Galles), se pose la question de l'organisation : que faire de ces hommes dispersés, dans un pays qui se prépare à affronter seul l'Allemagne ?
Pour ces militaires, l'enjeu est de reconstituer une force belge combattante. S'organiser en unités belges autonomes, sous l'autorité du gouvernement de Londres, pour poursuivre la guerre sous leurs propres couleurs. S'intégrer directement aux forces britanniques (RAF, Royal Navy), plus rapide mais au prix de l'identité nationale. Ou attendre des effectifs et des moyens suffisants avant de constituer une véritable armée.
Le défi est réel : effectifs limités, équipement à trouver, statut à négocier avec les Britanniques, et un gouvernement belge en exil dont l'autorité est contestée par la « Question royale ». Mais l'enjeu symbolique est majeur : montrer que la Belgique continue le combat, et préparer la contribution belge à la libération.
Les militaires belges doivent-ils former des unités belges autonomes, s'intégrer aux forces britanniques, ou attendre des moyens suffisants ?
Les Belges combinent A et B : dès 1940, ils commencent à organiser des Forces belges libres en Grande-Bretagne (camps au pays de Galles, à Tenby notamment), tout en intégrant la RAF (escadrilles belges) et la Royal Navy. Ces noyaux donneront naissance à la (), qui débarquera en Normandie en 1944 et participera à la libération de la Belgique, ainsi qu'à des escadrilles et des unités navales belges. Modestes au départ, ces forces incarnent la continuité du combat belge aux côtés des Alliés et préparent la contribution du pays à sa propre libération. Leur fondation, à l'été 1940, est l'acte militaire de la Belgique libre.









