La bataille de la Lys
Repoussée du canal Albert puis de la Dyle, l'armée belge se replie d'un fleuve à l'autre. Vers le 23 mai 1940, elle s'accroche à la Lys, autour de Courtrai, sur un front qui constitue le verrou du flanc gauche allié : à sa droite, le corps expéditionnaire britannique reflue vers la côte ; derrière, Dunkerque devient l'unique porte de sortie.
L'armée belge est exsangue, ses unités usées par deux semaines de retraite, son moral entamé. Le de Bock attaque en force de part et d'autre de Courtrai, cherchant à rompre la jonction entre Belges et Britanniques pour ouvrir la route de la mer.
Le commandement belge doit choisir. Livrer sur la Lys une bataille d'usure désespérée, pour tenir le flanc et couvrir l'évacuation alliée, au prix d'un sacrifice probable. Décrocher encore vers la côte et le « réduit national » envisagé par le roi. Ou reconnaître que l'armée n'en peut plus et s'acheminer vers la capitulation. De la résistance sur la Lys dépend en partie le temps laissé aux Alliés du nord pour gagner Dunkerque.
Sur la Lys, l'armée belge doit-elle livrer une dernière bataille d'usure, ou décrocher vers la côte ?
Le commandement belge tient d'abord A : la bataille de la Lys (23-27 mai) voit l'armée belge se battre durement autour de Courtrai, retardant Bock et protégeant le flanc gauche de la retraite alliée vers Dunkerque. Mais la pression devient insoutenable, la jonction avec le corps britannique se rompt, et les pertes s'accumulent — c'est dans ce contexte qu'a lieu, à proximité, le massacre de Vinkt. Le front belge cédant, conclut que la poursuite du combat n'aurait plus de sens : il capitule le 28 mai 1940. La résistance sur la Lys aura malgré tout offert aux Alliés des heures précieuses pour l'embarquement.









