Le Massilia — partir en Afrique du Nord
À Bordeaux, à la veille de l'armistice, certains responsables refusent de se résigner. Un paquebot, le Massilia, est mis à disposition pour transporter en Afrique du Nord les parlementaires et ministres désireux de poursuivre la guerre depuis l'empire. Parmi les candidats au départ figurent des figures comme , ou .
Pour notre parlementaire, le choix est lourd. Embarquer, c'est tenter de maintenir une France en guerre depuis Alger, mais s'exposer à être accusé de désertion ou de fuite, et abandonner la métropole. Rester, c'est se rallier au nouveau pouvoir de Pétain et à l'armistice, ou du moins l'accepter.
Notre parlementaire peut embarquer sur le Massilia pour continuer la lutte depuis l'Afrique du Nord. Rester en métropole et se soumettre à l'armistice et au gouvernement Pétain. Ou attendre de voir comment la situation évolue avant de s'engager. Le piège est que le nouveau pouvoir, hostile à toute dissidence, pourrait retourner le départ contre ceux qui l'auront choisi.
Notre parlementaire doit-il embarquer sur le Massilia, rester en métropole, ou attendre ?
Une trentaine de parlementaires choisissent A et embarquent sur le Massilia le 21 juin, dont Mandel, Daladier et Mendès France. Mais le piège se referme : à leur arrivée à Casablanca, le gouvernement de Pétain, désormais maître du jeu, les fait bloquer et certains arrêter, présentant leur départ comme une désertion devant l'ennemi. L'épisode du Massilia sert la propagande de Vichy pour discréditer les partisans de la poursuite de la guerre. Il illustre comment le nouveau pouvoir verrouille très vite toute dissidence, et combien le choix de continuer le combat exposait alors à de lourdes représailles.









