Tobrouk, 21 novembre 1941 : la sortie de la garnison assiégée
Depuis avril 1941, la place forte de Tobrouk, sur la côte cyrénaïque, résiste à l'investissement des forces germano-italiennes. Coupée du reste de l'Égypte, ravitaillée à grand-peine par la Royal Navy lors de courses nocturnes harcelées par la Luftwaffe, la garnison vit dans un dédale de tranchées, de points d'appui bétonnés et de galeries antichars. La 70e division britannique du général Ronald Scobie, épaulée par des éléments polonais et indiens, a relayé les vétérans australiens qui tinrent les premiers mois. Le moral demeure solide, mais les hommes sont épuisés par sept mois d'enfermement, de coups de main et de bombardements.
Au matin du 21 novembre, le grondement lointain de l'artillerie change tout : la 8e armée britannique vient de déclencher l'opération Crusader, ruée blindée partie de la frontière égyptienne pour desserrer l'étau. L'objectif théorique est une jonction au sud-est du périmètre, autour des crêtes de Sidi Rezegh, où s'engage déjà une furieuse bataille de chars. Pour Scobie, l'instant est décisif et incertain : nul ne sait encore si le corps de Rommel sera fixé au sud ou s'il se retournera contre l'un ou l'autre adversaire.
Trois logiques s'affrontent dans l'esprit du commandant. Faut-il jeter en avant des troupes amaigries pour tendre la main aux libérateurs, au risque de les voir isolées si l'offensive échoue ? Faut-il au contraire préserver la cohésion défensive durement acquise dans le périmètre fortifié ? Ou bien anticiper le pire et envisager le repli ? L'ordre attend une réponse.
Au matin du 21 novembre 1941, alors que l'opération Crusader vient de s'ébranler, quelle conduite le général Scobie doit-il adopter avec sa garnison ?
Scobie reçut l'ordre, le 21 novembre, de lancer la sortie en direction du sud-est pour rejoindre la 8e armée. La 70e division attaqua vers le point d'appui d'El Duda et les crêtes de Sidi Rezegh, progressant au prix de combats acharnés et de lourdes pertes. La contre-attaque de Rommel, qui lança sa célèbre « course à la frontière », retarda l'opération et faillit la compromettre. La jonction durable ne fut établie que début décembre, lorsque les colonnes néo-zélandaises et la garnison firent enfin leur soudure. Le siège, commencé en avril, fut levé après 241 jours, l'un des plus longs subis par les forces du Commonwealth durant la guerre.









