Une semaine après l'invasion, l'avance allemande devient irrésistible. Après la perte du canal Albert et le repli de l'armée belge vers l'ouest, Bruxelles se retrouve directement menacée. La capitale, riche d'un patrimoine et d'une population considérables, n'a pas de valeur défensive décisive une fois la ligne de la Dyle abandonnée.
Les autorités de la ville doivent décider de son sort. Déclarer Bruxelles « ville ouverte », c'est renoncer à toute défense pour épargner aux habitants bombardements et combats de rue, mais c'est aussi livrer la capitale sans résistance et offrir à l'occupant un symbole. Tenter de la défendre, au contraire, exposerait la population et les monuments à la destruction, pour un gain militaire douteux puisque l'armée se replie déjà au-delà.
Le souvenir de villes martyres de 1914 pèse sur la décision. Faut-il proclamer la ville ouverte et organiser une transition pacifique, défendre malgré tout l'honneur de la capitale, ou tenter d'évacuer au maximum avant l'arrivée des troupes allemandes ? Le choix engage la sécurité de centaines de milliers d'habitants.
Faut-il déclarer Bruxelles ville ouverte pour épargner la population, ou tenter de la défendre ?
Les autorités choisissent A : Bruxelles est déclarée ville ouverte et, le 17 mai 1940, les troupes allemandes y entrent sans combat. Le choix épargne à la capitale les destructions, mais place d'emblée le cœur du pays sous administration allemande, bientôt formalisée par la Militärverwaltung du général von Falkenhausen. La décision préfigure une logique qui dominera l'occupation : préserver autant que possible la population et les infrastructures, quitte à composer avec l'occupant. Pour les Bruxellois, l'entrée des Allemands le 17 mai marque le début de quatre années d'occupation.









