Lviv — les pogroms de juillet
Quand la Wehrmacht prend Lviv (Lwów pour les Polonais, Lemberg pour les Allemands), grande ville de Galicie, début juillet 1941, elle y découvre les charniers de plusieurs milliers de prisonniers exécutés par le NKVD soviétique en retraite. La nouvelle de ces massacres soviétiques bouleverse une ville déjà traversée de tensions nationales aiguës.
L' est sur place, secondé par des milices nationalistes ukrainiennes entrées dans la ville. Comme à Kaunas, le ressentiment local peut être attisé par la propagande, qui cherche à associer Juifs et communisme. Les cadavres des prisonniers du NKVD sont là, prêts à être exhibés, et la fureur populaire couve.
Les organisateurs doivent décider de la forme du déchaînement : provoquer un pogrom en présentant les Juifs comme coupables des crimes du NKVD, et le laisser aux auxiliaires locaux ; mener directement des exécutions ciblées de notables et d'intellectuels ; ou différer en attendant des instructions. La décision se prend dans une ville où se superposent haines nationales, terreur soviétique récente et idéologie nazie.
Comment les occupants déclenchent-ils la violence contre les Juifs de Lviv ?
Les occupants combinent A et C. Du 1er au 4 juillet 1941, des pogroms — encadrés par l' et menés en grande partie par des auxiliaires ukrainiens — font environ 4 000 victimes juives, humiliées, battues et abattues, sous le prétexte des charniers du NKVD. Une seconde vague (« jours de Petlioura ») suivra fin juillet. Parallèlement, les Allemands exécutent des professeurs polonais de l'université. Lviv illustre le mécanisme des massacres de l'été 1941 : l'occupant instrumentalise les crimes soviétiques et les tensions nationales pour amorcer, par des « pogroms » d'apparence spontanée, une extermination qu'il organise et systématise ensuite lui-même. La responsabilité allemande dans le déclenchement et l'encadrement de ces tueries est aujourd'hui établie.









