Moscou, 16 octobre 1941 : la capitale au bord du gouffre
Le 16 octobre 1941, Moscou bascule dans l'effroi. Depuis le déclenchement de l'opération Typhon début octobre, les panzers de von Bock ont éventré le front, encerclé des armées entières à Viazma et Briansk, et la route de la capitale semble grande ouverte. Dans la ville, c'est la "grande panique" : foules assiégeant les gares, trains pris d'assaut, dossiers brûlés dans les cours des ministères, pillages, fuite de cadres et de fonctionnaires vers l'est. L'évacuation du gouvernement, du corps diplomatique et des archives vers Kouïbychev a déjà commencé. La question n'est plus seulement de tenir, mais d'envisager l'impensable : et si la capitale tombait ?
À la Loubianka, vous recevez des instructions sans précédent. Il s'agit de décider, froidement, du sort matériel de Moscou advenant l'entrée de la Wehrmacht. Les grandes usines d'armement, les centrales électriques, les ponts sur la Moskova, les nœuds ferroviaires, les réseaux de communication, le métro flambant neuf, jusqu'aux édifices symboliques du pouvoir soviétique : tout peut être préparé pour la destruction, ménagé pour l'évacuation, ou laissé intact. Chaque option engage la résistance future, le moral d'une population déjà au bord de la rupture, et l'image du régime.
Vous pesez le secret des préparatifs, la rapidité de l'avance ennemie, et l'incertitude totale sur la tenue de la ville. La décision vous revient.
En cette journée de panique, comment préparez-vous le sort matériel de Moscou face à une chute possible ?
Sur ordre du pouvoir, le NKVD mina effectivement les infrastructures clés de Moscou : usines, ponts, centrales, voies ferrées, ainsi que des plans de destruction du métro et de bâtiments emblématiques, afin de ne rien laisser à l'ennemi. Le 19 octobre 1941, l'état de siège fut proclamé et Staline choisit de rester dans la capitale, ce qui contribua à enrayer la panique. La contre-offensive soviétique de décembre 1941, lancée par Joukov, repoussa la Wehrmacht à 100-250 km de Moscou ; les charges furent finalement retirées sans avoir été employées. Le défilé du 7 novembre sur la place Rouge, troupes partant droit au front, scella le redressement du moral.









