À l'été 1939, Staline tient les deux bouts d'un même jeu. D'un côté, les négociations avec la France et le Royaume-Uni, tièdes et bloquées par la question du passage des troupes à travers la Pologne. De l'autre, l'Allemagne nazie, qui multiplie les avances et offre, elle, du concret et de l'immédiat.
Hitler est pressé : il veut attaquer la Pologne avant l'automne et a besoin de neutraliser l'URSS pour éviter le second front. Berlin propose donc un pacte de non-agression — assorti, en secret, d'un partage des « sphères d'influence » en Europe orientale.
Pour Staline, le calcul est froid. S'allier aux démocraties contre l'Allemagne, au risque de porter seul le poids de la guerre à l'Est sans garanties suffisantes ? Signer avec Hitler, gagner du temps, récupérer des territoires perdus en 1920 et détourner la guerre vers l'Ouest ? Ou rester à l'écart, dans une neutralité armée ? La décision, mûrie dans le secret du Kremlin, redessinera la carte des forces en Europe et pèsera sur le déclenchement même de la guerre.
Staline doit-il signer un pacte avec l'Allemagne nazie plutôt que de s'allier aux démocraties ?
Staline choisit A : dans la nuit du 23 au 24 août 1939, Molotov et Ribbentrop signent à Moscou un pacte de non-agression. Un protocole additionnel secret partage l'Europe orientale en sphères d'influence — Pologne, États baltes, Finlande, Bessarabie. Le pacte donne à Hitler les mains libres pour attaquer la Pologne sans craindre l'URSS, et à Staline du temps, des gains territoriaux et l'espoir de voir les puissances capitalistes s'épuiser entre elles. Ce renversement stupéfie le monde, désoriente les partis communistes et scelle le sort de la Pologne. Une semaine plus tard, la guerre éclate ; l'URSS envahira à son tour la Pologne par l'est le 17 septembre.









