Tokyo, 5 novembre 1941 : le dernier conseil
L'amiral dirige depuis avril 1941 l'état-major de la Marine impériale japonaise, et porte au sein du haut commandement la voix de la flotte dans les arbitrages décisifs de l'automne. Formé à la doctrine navale classique, il sait l'enjeu mieux que la plupart : l'embargo américain sur le pétrole asphyxie des réserves estimées à environ deux ans de consommation, et chaque mois qui passe en ronge la marge.
La conférence impériale du 6 septembre avait déjà fixé un calendrier ; il s'est éteint sans résultat. À Washington, les pourparlers menés par l'ambassadeur avec le secrétaire d'État piétinent sur un point que rien ne dénoue : l'évacuation de la Chine, exigée par les États-Unis.
Pour le haut commandement, le temps joue désormais contre le Japon. La saison favorable aux opérations dans le Pacifique se referme, et la diplomatie comme l'horloge militaire avancent en sens contraire.
Le 5 novembre, l'empereur préside la gozen kaigi (« conférence en présence impériale »). Le document soumis lie l'ouverture des hostilités à l'échec des pourparlers avant une échéance fixée. Nagano doit choisir la ligne de la flotte : prolonger les négociations sans ultimatum ni calendrier d'attaque ; céder aux conditions américaines, dont le retrait de Chine ; ou soutenir l'entrée en guerre assortie d'une date-butoir si aucun accord n'est signé d'ici fin novembre.
Lors de la conférence impériale du 5 novembre 1941, quelle position l'amiral Nagano Osami défend-il sur le sort à réserver à la négociation diplomatique ?
soutint la marche à la guerre assortie d’une échéance : la conférence du 5 novembre 1941 adopte les "Principes directeurs de la politique impériale", fixant la marche à la guerre tout en accordant à la diplomatie un ultime délai, autour du 30 novembre. Deux offres, les propositions A et B, sont autorisées comme dernières concessions ; Nomura présente la première le 6 novembre, la seconde le 20. La note Hull du 26 novembre, réaffirmant l'évacuation de la Chine, est perçue à Tokyo comme un rejet. La conférence impériale du 1er décembre entérine la guerre. La flotte d'attaque appareille déjà vers Hawaï ; l'assaut sur Pearl Harbor a lieu le 7 décembre. Le calendrier décidé le 5 novembre verrouilla l'enchaînement : faute d'accord avant l'échéance, la décision militaire s'appliquait quasi automatiquement, réduisant la marge des négociateurs jusqu'au déclenchement.









